Adrian Etter, Villars-sur-Glâne
Aujourd’hui à 14:54
Le vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, à la Munich Security Conference (du 14 au 16 février), nous a ouvert les yeux sur son interprétation de la démocratie. Dans son sermon, il a eu le culot d’affirmer que l’ennemi des démocraties européennes viendrait de l’intérieur. C’est difficile pour moi de décrire à quel point je trouve ses affirmations abjectes.
J. D. Vance prétend que mon voisin (paysan, ouvrier, employé, ingénieur, juge, médecin, etc.) est malintentionné à mon égard, peu intègre, qu’il constitue une menace pour moi et est donc mon ennemi. Le vice-président a des intentions perfides pour déstabiliser le tissu de relations de nos sociétés. Il pratique une démagogie écœurante pour semer le doute entre partenaires de la vie civique et politique. Son concept de l’ennemi intérieur est profondément antidémocratique.
Il ignore que l’élément central de nos démocraties n’est pas, comme chez lui, le combat contre un ennemi intérieur, mais le dialogue entre partenaires d’opinions divergentes. Ce partenariat se base sur les valeurs du respect mutuel. La démocratie n’est pas une cacophonie violente, haineuse et dénigrante, déguisée en libre expression et amplifiée sur les réseaux sociaux par des algorithmes opaques et truqués.
C’est ce que votre système politique, Monsieur le vice-président, est devenu. M. Vance, faites d’abord vos devoirs sur l’attaque du Capitole du 6 janvier 2021 et évitez-nous vos sermons messianiques sur votre compréhension de l’organisation d’un Etat. Dans votre bouche, le mot démocratie n’est rien que du cynisme.