Aussi inexistante qu’inquiétante
A Rome, la Suisse a sombré face à l’Italie (3-0). La victoire sera impérative dimanche contre la Turquie
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Laurent Ducret
17 juin 2021 à 04:01
Football » La Suisse est tombée de haut à Rome. Elle s’est inclinée 3-0 devant l’Italie pour son deuxième match du premier tour de l’Euro sur un doublé du demi de Sassuolo Manuel Locatelli (26e et 52e) et une réussite de Ciro Immobilie (89e). Cette défaite ne la condamne toutefois pas. La Suisse sera, en principe, qualifiée pour les huitièmes de finale si elle s’impose dimanche à Bakou contre la Turquie. Sa chance sera d’affronter pour ce troisième match une équipe qui semble encore plus meurtrie qu’elle.
A Rome, la sélection de Vladimir Petkovic n’a pas affiché ce supplément d’âme qui change tout. Elle a trop vite rendu les armes devant des Italiens qui ont cueilli leur deuxième victoire en deux matches dans cet Euro pour rester désormais sur une extraordinaire série de 29 rencontres sans défaite.
Un pari perdu
Vladimir Petkovic avait pris le pari de reconduire le onze qui avait failli à Bakou. Le scénario de la première période lui a donné tort. Cette équipe qui n’a cessé de clamer son ambition de rivaliser avec les meilleures formations du continent est restée, lors de ces 45 premières minutes, très loin du compte.
Sauvée par la VAR qui annulait pour une main illicite une réussite de Giorgio Chiellini à la 19e, la Suisse s’en sortait bien à la pause avec un seul but de retard. Elle fut incapable de s’opposer au collectif italien. Et elle fut, surtout, entravée par les limites de ses individualités. On pense en premier lieu à Ricardo Rodriguez, dépassé par Domenico Berardi sur l’action du 1-0. On peut comprendre aujourd’hui pourquoi le Zurichois a passé le plus clair de sa saison sur le banc des remplaçants du Torino. Sur l’autre flanc, Kevin Mbabu a vécu une tourmente face au duo Spinazzola-Insigne.
Sur le plan offensif, ce fut le néant. Avec un Granit Xhaka qui a cherché avant tout à soulager ses défenseurs et un Remo Freuler trop discret, la Suisse n’a pas pu compter sur un régisseur capable de poser le jeu. Avec un Xherdan Shaqiri sans grande inspiration, et deux attaquants, à la peine face à une défense qui restait il est vrai sur neuf matches sans encaisser, la Suisse n’a pas bénéficié de la moindre occasion lors d’une première mi-temps qui a cerné ses limites.
Face à un tel naufrage et conscient du désastre qui pouvait survenir, Vladimir Pektovic lançait Mario Gavranovic pour Haris Seferovic. Le Lucernois venait ainsi d’enchaîner un douzième match dans une phase finale sans marquer… L’espoir de revenir au score s’envolait à la 52e minute avec le 2-0 sur une action marquée par l’apathie de la défense suisse, son gardien y compris.
Trop conservateur
A 2-0, l’Italie jouait sur du velours. La Squadra pouvait laisser venir l’adversaire pour rechercher la verticalité sur ses ruptures. Avec les introductions de Silvan Widmer et de Steven Zuber, Vladimir Petkovic reconnaissait implicitement qu’il s’était trompé dans ses choix initiaux. L’occasion de la 64e de Zuber, la première du match pour son équipe, lui a très vite rappelé cette vérité. Cette défaite de Rome, qui prenait des allures de déroute avec le 3-0 de Ciro Immobile sur une frappe qui ne semblait pas inarrêtable, n’est pas seulement celle des joueurs, mais elle est aussi celle d’un sélectionneur trop conservateur.
Si la Suisse livre dimanche un troisième match aussi terne, la question de confiance autour de Vladimir Petkovic se posera. Fustiger sans cesse la défiance de la presse et de l’opinion à son égard est un calcul qui pourrait très vite se retourner contre lui. ATS
Italie - Suisse 3-0
(1-0) Rome. Stade olympique: 12 445 spectateurs. Arbitre: Karasev (RUS). Buts: 26e Locatelli 1-0. 52e Locatelli 2-0. 89e Immobile 3-0.
Italie: Donnarumma; Di Lorenzo, Bonucci, Chiellini (25e Acerbi), Spinazzola; Barella (86e Cristante), Jorginho, Locatelli (86e Pessina); Berardi (69e Toloi), Immobile, Insigne (69e Chiesa).
Suisse: Sommer; Elvedi, Schär (58e Zuber), Akanji; Mbabu (58e Widmer), Freuler (84e Sow), Xhaka, Rodriguez; Shaqiri (76e Vargas); Embolo, Seferovic (46e Gavranovic).
Notes: l’Italie sans Florenzi (blessé). 19e but de Chiellini annulé pour une faute de main. Avertissements: 49e Gavranovic. 79e Embolo.
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