Quinze années de tentatives
Seuls les cantons de Saint-Gall et du Tessin interdisent la burqa, mais plusieurs autres ont tenté de le faire, surtout en Suisse alémanique. Etonnamment, l’interdiction française y a fait davantage d’émules
Initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage»
La votation sur l’interdiction de se dissimuler le visage tombe comme un paradoxe en pleine crise sanitaire, alors que les masques ont envahi l’espace public. Karin Keller-Sutter a lancé ce mardi la campagne du «non»
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Philippe Castella
19 janvier 2021 à 22:56
Politique » La scène était un brin cocasse ce mardi: couverte d’un élégant masque en tissu noir moucheté de formes géométriques, Karin Keller-Sutter est venue lancer devant les médias la campagne du non à l’initiative antiburqa, qui vise une interdiction de se dissimuler le visage en public. Impossible d’esquiver ce paradoxe: «Il y a un an, il était encore inimaginable pour nous qu’à cause de la crise du coronavirus, on doive aujourd’hui tous porter un masque», a déclaré la conseillère fédérale en ouverture. «Je ne m’y suis toujours pas habituée», a-t-elle confessé. «Quand on se rencontre, on doit pouvoir voir le visage de l’autre, car on peut y lire beaucoup de choses.»
Voir le visage de l’autre comme fondement des relations humaines dans nos sociétés occidentales, c’est justement l’argument qu’avancent les initiants pour défendre leur texte. Quelle influence aura dès lors la situation sanitaire sur la campagne? «Je ne peux pas en juger», répond la ministre de la Justice, tout en reconnaissant qu’il y a «une certaine ironie à ce que nous devons voter sur cet objet juste maintenant».
Dans le camp des partisans de l’initiative, on essaie de tirer parti de la situation. «Ce que j’espère, déclare Jean-Luc Addor, c’est que, comme les Suisses se sont retrouvés à expérimenter ce que représente comme atteinte à la liberté le fait de devoir porter un masque, ils comprendront plus facilement l’enjeu de l’initiative.»
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