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Courrier des lecteurs

Emissions carbone et héritiers à plus de 50 millions de francs


Pierre-Philippe Bugnard, historien, Bulle

Pierre-Philippe Bugnard, historien, Bulle

Aujourd’hui à 14:35

Temps de lecture : 2 min

Même mal emmanchée, l’initiative de la Jeunesse socialiste mérite quelques extraits d’expertises (lire à ce sujet La Liberté du 14 février). Le Royaume-Uni s’est engagé à une réduction d’au moins 81% de ses émissions carbone pour 2035. La Suisse, une des plus grosses empreintes mondiales par tête, à 100% pour 2050.

Swiss Re estime qu’au rythme actuel on n’arriverait à +2 degrés qu’en 2069 si 290 mille milliards sont investis. La France envisage un impact régional de +3 à +4 degrés aux effets inimaginables quand on voit ce qui se passe dès +1,2 degré. Avec son 20e PIB mondial 2024, proche de la moitié de celui de la Russie, la Suisse, où 1% détient 42% de la richesse, a un levier d’action au moins quinze fois supérieur à celui de ses émissions directes.

Pour la reconstruction, les Alliés taxaient les plus gros contribuables à 70%, voire 90% en impôts de solidarité. Aujourd’hui, il s’agit d’éviter la destruction. De 1990 à 2019, 1% des plus riches ont émis deux tiers des émissions carbone mondiales. En Suisse, seuls 8% des 300 plus riches Suisses sont entrepreneurs et les 100 milliards d’héritages annuels ne sont taxés qu’à 1,4% en moyenne.

Où fuiraient les entreprises «familiales» des héritiers suisses taxés 50% à partir de 50 millions de francs? Pas en Allemagne où 50% sont prélevés dès 13 millions pour le contribuable qui ne fait pas de donation. Les valeurs chrétiennes prônées par la droite devraient inciter de telles firmes à adopter l’actionnariat du capitalisme originel. Il resterait les nombreux super-héritiers rentiers pour contribuer plus équitablement aux coûts environnementaux colossaux qu’ils engendrent.

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