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Accès sécurisés. Bénéficiaire grâce à Skidata, Kudelski vise la rentabilité en 2026

Le groupe Kudelski a défié les pronostics jeudi, en affichant un bénéfice dans le noir pour son exercice 2024, chiffre cependant obtenu grâce à la vente de son activité phare Skidata.

Le groupe Kudelski affiche un bénéfice dans le noir pour son exercice 2024, chiffre cependant obtenu grâce à la vente de son activité phare Skidata. (archive)KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

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ATS et AWP

Aujourd’hui à 15:20, mis à jour à 15:30

Temps de lecture : 3 min

Le spécialiste du cryptage de contenus et de la cybersécurité, qui doit terminer sa restructuration au premier semestre de cette année, dit vouloir atteindre la rentabilité en 2026, sans exclure de nouvelles suppressions d'emplois.

Malgré des revenus en baisse de 6,3% en 2024, à 393 millions de dollars (352 millions de francs) ainsi qu'un résultat brut opérationnel (Ebitda) demeurant en terrain négatif, à -13,1 millions, contre -3,4 millions un an plus tôt, l'entreprise a sauvé la face avec un bénéfice de 10,6 millions, alors qu'en 2023 elle enregistrait une perte de 24,5 millions.

A y regarder de plus près, tout cela s'explique par un résultat net de 161,7 millions des activités non poursuivies, qui inclut principalement la vente du spécialiste en systèmes d'accès Skidata, cédée en septembre au fabricant de serrures suédois Assa Bloy. La transaction, dont le montant n'avait pas été dévoilé, reflète une valeur d'entreprise de 340 millions d'euros (320,3 millions de francs) et a généré un produit net de trésorerie supérieur à 300 millions d'euros qui a permis à Kudelski de régler sa dette, tout en dégageant un flux de trésorerie nette de 126 millions.

Le groupe technologique s'attèle désormais à se recentrer sur les trois activités que sont la sécurité digitale, la cybersécurité et l'Internet des objets (IoT). "Fondamentalement, ce que nous faisons est un voyage de transformation qui passe par trois étapes clés", a déclaré son directeur général (CEO), lors d'une conférence de presse jeudi au siège international de la société, à Cheseaux-sur-Lausanne, dans le canton de Vaud.

"Nous avons mis la restructuration en place en janvier dernier. Donc, l'année 2025 est l'année où nous exécutons la transformation de manière à positionner le groupe pour qu'il soit en situation de rentabilité en 2026", a-t-il précisé à l'agence de presse AWP.

Et la nouvelle stratégie qui doit remettre la société sur les rails, en prônant davantage de proactivité, de clareté dans les tâches et d'esprit d'entrepreneuriat, devrait donner ses premiers résultats "déjà dans le courant de l'année", pour laquelle Kudelski attend des revenus et un Ebitda stables par rapport à 2024.

L'an passé, si le segment de la cybersécurité a connu une hausse de ses recettes de 1,8% et celui et de l'IoT est resté à l'équilibre (+0,1%), celui de la télévision numérique a enregistré des recettes en diminution de 11,6%. Des activités de sécurité y ont donc été ajoutées. "L'activité était rentable, mais en déclin. Nous avions beaucoup de nouvelles solutions, mais notre structure de vente n'était pas suffisamment adaptée", a encore fait savoir le CEO, qui a mis en place des équipes spécialisées dans la vente de nouvelles solutions afin de démarcher clients et marchés pour tous les secteurs.

De nouvelles coupes?

Dans le cadre de sa restructuration, Kudelski a annoncé début février la suppression de 160 postes, dont une quarantaine en Suisse. "C'est en cours, les décisions ont été prises", a précisé son patron, soulignant que l'entreprise avait voulu épargner l'expertise suisse. Pour ce qu'il en est de l'avenir des effectifs, "la situation peut évoluer à la hausse ou à la baisse, nous devons être plus rapides et proactifs", a expliqué celui qui a pris la tête de l'entreprise familiale en 1991.

Par ailleurs, interrogé sur l'avenir de cette dernière, M. Kudelski, qui atteint l'âge légal de la retraite cette année n'a pas souhaité en dire plus, révélant seulement que "tout est bien pensé" quant à sa succession.

Vers 15h00 à la Bourse suisse, le titre s'affichait en recul de 0,66% à 1,50 franc, dans un marché SPI également en repli de 0,72%.