rené fasel • Le Fribourgeois, membre du CIO et président de la Fédération de hockey sur glace, a été surpris en bien par les Britanniques. Il leur tire un grand coup de chapeau.
René Fasel vit à Londres ses cinquièmes Jeux d’été dans la peau d’un membre du CIO. Le Fribourgeois de 62 ans, président de la Fédération internationale de hockey sur glace, tire un premier bilan. «Chapeau, messieurs les Britanniques», lâche-t-il sans flatterie aucune.
René Fasel, ces JO 2012 sont dans leur phase terminale. Comment les avez-vous vécus?
Ils étaient remarquables jusqu’ici. Ce sont des Jeux particulièrement réussis. Je suis même surpris: je m’attendais à vivre de grands Jeux, mais je ne pensais pas qu’ils seraient aussi exceptionnels. Les Britanniques avaient voulu créer leurs propres Jeux olympiques au 19e siècle sous l’impulsion de William Brookes, avant que Pierre de Coubertin ne s’inspire de lui pour inventer les Jeux de l’ère moderne. Si l’on pense simplement au cricket, au football ou à l’aviron, le sport a été inventé ici. Je partais du principe qu’ils étaient avant tout des fans de football. Mais l’ambiance rencontrée dans les autres stades a démontré le contraire. Il suffit simplement de penser aux épreuves de tir à l’arc organisées dans le Lords Cricket Ground, ou à Wimbledon. Ils auraient pu construire des courts de tennis ailleurs, mais ils ont choisi Wimbledon. Le nombre de spectateurs et le fair-play sont d’autres éléments impressionnants. Et le sport est vraiment l’aspect central. Je veux vraiment dire «Chapeau, messieurs les Britanniques».
Y a-t-il tout de même des aspects négatifs?
La météo. Mais ils n’y peuvent rien. Londres est par ailleurs une grande ville avec des rues plutôt étroites, ce qui a contribué à rendre complexe la gestion des transports. Mais j’ai moi-même fréquemment utilisé le métro et les autres transports publics, ce qui m’a permis d’être en contact avec la population. J’ai un autre regret: la flamme olympique n’est pas vraiment visible car elle reste cachée dans le stade. La flamme est un symbole fort, et il est dommage qu’elle ait quasiment disparu alors que la torche avait traversé tout le pays pendant une si longue période.
Quels furent vos temps forts sur un plan plus personnel? On vous a vu à de nombreuses reprises à Wimbledon, et vous avez même remis les médailles à l’issue de l’épreuve du simple messieurs. Vous devez rester neutre, mais je présume que vous auriez préféré remettre la médaille d’or à Roger Federer...
J’avais déjà remis leur médaille d’or à Roger et à Stanislas Wawrinka lors des Jeux de Pékin. Je suis un très grand fan de Roger et me lève souvent la nuit pour regarder ses matches, notamment pendant l’US Open. Sa sportivité m’a une fois de plus impressionné ce jour-là. Il n’aime bien évidemment pas perdre. Mais il s’est sincèrement réjoui d’avoir conquis l’argent. Andy Murray lui était tout simplement supérieur en finale. Ces visites à Wimbledon, la cathédrale du tennis, constituent clairement l’un des temps forts de ma vie sportive.
Les Jeux d’été et les Jeux d’hiver sont difficilement comparables, en premier lieu à cause de leurs dimensions bien différentes. Que peut bien retirer la candidature suisse pour les JO d’hiver 2022 de ce qui a été accompli à Londres?
Avant de songer à déposer une candidature, il faut d’abord qu’elle soit acceptée en Suisse. Tout doit être mis en œuvre lorsqu’un pays accueille des Jeux olympiques. Mais nous devons progresser pas à pas en Suisse. Si les politiciens et le peuple disent oui, il faudra savoir provoquer l’euphorie afin de se voir attribuer ces Jeux. Je pense qu’il serait faux de ne pas tenter notre chance. Ce serait bon pour notre pays de devoir relever un tel défi. La déception serait grande en cas de non, mais nous devrions accepter cette décision.
Une question plus hypothétique pour conclure. Est-il réaliste d’espérer que la «petite» Suisse trouve grâce aux yeux du CIO alors que les JO ont pris une ampleur de plus en plus démesurée au cours des dernières années et que de nombreux pays «exotiques» n’ayant rien à voir avec les sports d’hiver pourront s’exprimer lors du vote?
J’estime que nos chances seraient absolument intactes. Nous devrions bien évidemment miser sur une véritable candidature hivernale afin de ramener les Jeux d’hiver dans les montagnes, c’est-à-dire là où ils doivent être. Par ailleurs, plus personne n’imagine désormais que des JO ne soient pas écologiques. Nous possédons les plus belles montagnes du monde. Nous ne devons pas faire preuve de modestie à ce sujet. Bien au contraire, nous devons clairement mettre cet aspect en valeur. si
Voir notre dossier: JEUX OLYMPIQUES DE LONDRES
