04/08/2012

Au cœur du royaume

sites historiques • Entre Big Ben et Buckingham Palace, les «beachers» font le show à deux pas du 10 Downing Street, la résidence du premier ministre David Cameron.

«Good Morning, Dow-ning Street!», hurlent les haut-parleurs. D’ordinaire, Horse Guards Parade est une imposante place qui respire le flegme tout britannique. La garde-montée de la reine y a ses quartiers. On est au cœur de la cité de Westminster, au cœur du royaume. Mais, depuis le début des Jeux, une drôle d’atmosphère enflamme les lieux. Du rock, du show, des filles et des bikinis. Affublé du titre de la discipline la plus «sexy» des Jeux, le beachvolley assume sa différence, même jusqu’au cœur de la tradition britannique.

Londres 2012 a réussi l’un des défis les plus fous de sa quinzaine. A deux pas du fameux 10 Downing Street, la résidence du premier ministre, les organisateurs ont érigé un stade temporaire de 15000 spectateurs, une capacité record pour une compétition de beachvolley. Et hier, l’arène était pleine pour les premières parties des huitièmes de finale des tableaux masculins et féminins.

 

«Les autres sont jaloux»

«Les autres athlètes sont jaloux. C’est le meilleur stade de tous les Jeux. On ne pouvait pas rêver d’un meilleur endroit à Londres», avance le joueur letton Aleksandrs Samoilovs. Il se dit même que le soir, de la fenêtre de son bureau, David Cameron peut jeter un coup d’œil aux matches. «Je ne faisais pas le fier le jour de notre première partie. On est arrivé au stade, on a monté les escaliers: c’était plein, les gens sautaient, dansaient, applaudissaient. Je n’ai jamais connu de tels frissons dans ma carrière», raconte le néophyte Sébastien Chevallier, emballé par le cadre. C’est que la vue est majestueuse depuis le sable de Londres. Big Ben, Trafalgar Square ou encore le London Eye vous toisent. «Quand tu te retrouves au milieu de cette arène, tu te prends des images fortes qui rentrent en plein cœur. C’est beau. Et comme je suis quelqu’un qui aime bien voir tout ce qui se passe autour, ça me va», continue le joueur genevois.

L’Américain Jake Gibb est lui aussi ému de se retrouver dans une telle ambiance. «Quand nous jouions l’autre jour, nous avons entendu Big Ben en plein échange. C’était impres-sionnant.» Habitué du circuit, Sascha Heyer, le partenaire de Sébastien Chevallier, avoue avoir vécu à fond ses quatre matches des Jeux. «C’est un lieu magnifique. Pouvoir jouer dans un lieu chargé d’autant d’histoire est exceptionnel pour un sportif.»

 

Benny Hill en bande-son

Le folklore a ses adeptes, des spectateurs qui se laissent aller au jeu, avec, notamment, la mélodie de Benny Hill comme fil conducteur. «A 25 ans, j’ai la chance de vivre les JO dans une telle atmosphère. Que demander de plus?», ajoute encore Sébastien Chevallier.

Les matches se poursuivent jusqu’à tard le soir. Il est passé 23h. Le speaker est toujours en pleine forme! «Faites du bruit! Qu’on nous entende jusqu’à Downing Street!» C’est gagné.I

 

 

Double élimination suisse

Il ne reste plus qu’une paire suisse engagée dans le tournoi de beachvolley. Patrick Heuscher et Jefferson Bellaguarda joueront leur huitième de finale cet après-midi contre la paire «oranje» Nummerdor/Schuil. Hier, au même stade de la compétition, Simone Kuhn et Nadine Zumkehr n’ont rien pu faire contre les Américaines Kessy et Ross. Plus tôt, la première paire masculine avait également courbé l’échine.

Dominés par les Polonais Prudel et Fijalek 21-18 21-17, Sascha Heyer et Sébastien Chevallier ne pestaient pas sur leur sort de Suisses battus. «On le dit avec le sourire. Notre but était de sortir des groupes et de finir neuvièmes. On l’avait déjà fait après les deux premiers matches. On a juste vécu une semaine incroyable», répondait le Genevois. Hier matin, dans ce huitième de finale, ces Polonais étaient injouables pour le duo suisse. «C’est une grosse équipe, qui nous a mis de la pression dès le service avec un jeu intelligent.»

 

Le réveil avait été dur pour les deux lascars suisses. Il n’avait connu l’heure de leur match qu’à 1 heure du matin! «Quand on s’est couché, on pensait jouer à 14 h. Notre entraîneur nous a appelé durant la nuit pour nous communiquer le changement.» Si le vétéran Sascha Heyer mettra un terme à sa carrière internationale à la fin de la saison, le parcours de Chevallier sur le sable ne fait que commencer. «Ces Jeux sont un tremplin pour moi.»

 

 

Rendez-vous avec l’histoire

Les Jeux de Londres ne se disputent pas que sur l’aire du Parc olympique à Stratford, au nord-est de la ville. Quelques épreuves ont pour décor des cadres somptueux.

 

Greenwich Park. Les compétitions hippiques ont élu domicile dans le parc royal le plus ancien de la capitale britannique, connu évidemment pour son observatoire et hôte du méridien de Greenwich.

 

Royal Artillery Barracks. Propriété du Ministère de la défense, ce site historique accueille les trois stands de tir. Ces structures plutôt futuristes seront démontées après les Jeux.

 

Lord’s Cricket Ground. Le cricket, l’un des sports rois du royaume, a écrit une partie de son histoire dans ce lieu occupé par les spécialistes de tir à l’arc. Les archers batailleront devant un monument classé: le Pavillon du XIXe siècle.

 

Hampton Court. Le château, résidence favorite du roi Henri VIII, a accueilli le départ et l’arrivée du contre-la-montre.

raffi kouyoumdjian, londres

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