stéphanie bugnon et sophie monnerat • Ces deux cousines tiennent à Rueyres-St-Laurent un atelier du genre original. Elles y enseignent l’art de créer des décorations qui mettront en valeur les photos souvenirs.
Elles respirent la gaieté, avec l’air d’être les meilleures copines du monde. Ces deux cousines, nées Macheret, ont grandi à Rueyres-Saint-Laurent. Ensemble, elles y ont fait les quatre cent coups. Aujourd’hui, Stéphanie Bugnon et Sophie Monnerat y font surtout du scrapbooking. Euh... du quoi?
Ne pas avoir peur, ce truc n’a rien de scabreux. Il consiste à fabriquer soi-même un objet – livre, boîte, coffret – qui mettra en valeur les photographies davantage qu’un simple album. Dans une adorable maisonnette, Stéphanie et Sophie tiennent donc un des rares ateliers du genre en Suisse romande. Et le tout mignon, à l’ère du tout-numérique, semble faire des adeptes...
Stéphanie et Sophie, comment définissez-vous le scrapbooking?
Sophie: C’est un loisir créatif où on assemble textes, photos et papier pour embellir des bouts de vie. Tout est parti des Etats-Unis il y a vingt ans. Là-bas, vous trouvez aujourd’hui des Avry-Centre entiers dédiés au scrap!
Si on est peu bricoleur, peut-on vous confier des photos et vous charger de fabriquer un album?
Stéphanie: On nous le demande souvent, mais non, le temps nous manquerait pour cela. Nos cours fournissent tous les conseils et le matériel nécessaires pour bien faire. Mais le faire soi-même...
En 2012, les gens archivent leurs photos dans des iPad ou des ordinateurs. Les albums, c’est fini...
Stéphanie: Oui, d’où l’intérêt du scrapbooking qui permet de faire vivre vos photos d’anniversaire, de mariage, etc. Le papier, c’est là, on peut toucher. Il procure des sensations et des émotions qu’on n’aura pas avec le numérique.
Sophie: De plus en plus de gens redécouvrent le tirage papier, et c’est normal. Il a plus de poésie qu’une image défilant sur un écran d’ordinateur. Moi, en tout cas, j’aime pouvoir toucher les photos. Si ma maison brûle un jour, c’est d’ailleurs ce que j’essaierais de sauver en premier: mes photos. Enfin, je veux dire: c’est ce que je sauverai en premier juste après mes enfants.
Au fond, les plus beaux albums photos sont toujours ceux de grand-maman et de grand-papa...
Stéphanie: Peut-être, mais le temps fera aussi son œuvre avec nos petits albums. Lorsque j’en crée un, j’imagine mes enfants quand ils l’ouvriront dans vingt ou trente ans et se reverront à leur première communion, à leur confirmation, à tel anniversaire...
Sophie: Et puis, tout évolue. Un des plus, avec le scrap, c’est qu’on fait parler la photo en l’accompagnant d’un texte. C’est le côté journal: une place est réservée à nos pensées, nos commentaires, nos émotions du moment.
Si les photos sont ratées, l’album, lui au moins, sera réussi...
Stéphanie: Tout le monde s’est amélioré, pour ce qui est de faire des photos, et celles qu’on réunit dans un ouvrage sont toujours réussies. Vous seriez même surpris de voir les clichés utilisés par certaines dames. Elles font d’elles des photos si magnifiques, si originales, que c’en est quelquefois de l’art.
Tout ça n’est-il pas narcissique?
Sophie: Non, d’autant moins qu’on scrape souvent pour les autres. Par exemple, je viens de faire un album pour un de mes frères qui se marie.Je l’ai fait par amour pour lui, et non pour moi.
Stéphanie: Qu’il s’agisse ou non d’un cadeau, le scrap part d’un élan et il vient toujours du cœur.
La complicité qui vous unit toutes les deux, elle date de quand?
Sophie: L’enfance, les quatre cents coups, nous avons à peu près tout fait ensemble. Même le pensionnat de jeunes filles! C’est d’ailleurs à la Gouglera que nous avons développé notre créativité. Comme nous étions internes et que les journées étaient parfois longues, nous faisions du bricolage. Et on a découvert que nous étions assez manuelles...
D’être toujours collée l’une à l’autre, vous n’en avez jamais marre ?
Stéphanie: Non, jamais, la blonde et la brune se complètent! Par tous les temps...
Sophie: Et maintenant, l’atelier nous fait un lien de plus! Ce qui est également sympa, avec le scrap, c’est que nous pouvons partager nos idées avec d’autres et leur offrir notre expérience. En particulier aux personnes qui débutent et n’osent pas tout de suite se lancer. Certaines se sous-estiment, pensent avoir deux mains gauches. Or, une fois qu’on leur a donné confiance, elles font des merveilles.
Clientèle uniquement féminine?
Sophie: Oui, à 100%. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’imagine pas un mec venir dans notre atelier. Mais, si ça devait arriver, nous n’aurions rien contre...
Stéphanie: Nous avons eu deux garçons, une fois, mais ils avaient dix ans et voulaient prouver à leur mère qu’ils étaient capables de lui faire un scrap. A part ça, si elle est féminine, notre clientèle est également fidèle. L’atelier marche, c’est bien, mais on a en plus ce plaisir: les clientes, en général, deviennent nos amies.
Sophie: Ce qui nous touche, aussi, c’est de voir les clientes repartir avec le sourire. Toujours contentes de rentrer chez elles avec une création dans les mains!
Les gens qui reçoivent des visites et leur montrent leurs photos de vacances, à l’heure du café, rassurez-moi: ça n’existe plus, non?
Sophie: Pourquoi ça ne se ferait pas? Moi, il m’arrive de montrer des photos à la famille, aux amis.
Eh bien désolé, mais je n’aimerais pas qu’on me fasse un truc pareil!
Stéphanie: Je ne dis pas qu’il faut passer une soirée là-dessus, mais sortir de temps à autre un album, c’est l’occasion de se marrer entre amis, ne serait-ce que pour voir les coupes qu’on avait dix ans plus tôt! C’est beaucoup de joie, tout ça, y compris pour les enfants. Les miens, par exemple, adorent se plonger dans les albums. D’ailleurs, un jour où ils regardaient nos photos de mariage, ma fille m’avait dit: «Je ne comprends pas comment tu as pu aimer papa, avec la coupe de cheveux guitare qu’il avait...»
Votre art, finalement, que cultive-t-il?La nostalgie? L’enfance?
Sophie: Il permet de cultiver la créativité, l’habileté manuelle et bien sûr la nostalgie, à travers les photos qui vont vieillir.
Stéphanie: Avec le scrap, on crée, on recherche le beau, on se lie d’amitié, et, vu qu’on fait aussi des livres d’or pour des événements à venir, on est dans l’avenir comme dans le passé. Donc, pour moi, le scrap cultive tout! I
> Un trait de caractère: «La gaieté.»
> Un défaut: «Il m’arrive d’être rancunière.»
> Une gourmandise: «Le chocolat.»
> Une ville qui l’enchante: «Paris.»
> Un pays où elle pourrait vivre: «Non, il n’y en a pas. Je me sens très bien ici au Gibloux.»
> Une musique: «Le hard rock et aussi Adele.»
> Les films qu’elle ne se lasse pas de revoir: «American Pie, Avatar, Intouchables. Et, dernièrement, j’ai aussi beaucoup aimé Indian Palace...»
> Une émission télé: «Tous différents, sur NT1.»
> Un beau gars: «Mon mari.»
> Quelqu’un qu’elle admire:«Ma grand-maman, mais elle n’est plus de ce monde.»
> Une personne à côté de laquelle elle n’aimerait pas être prise en photo: «Joker!»
> Ce qui a le don de l’énerver: «Les mouches.»
> Ce qui lui fait le plus peur: «La maladie.»
>Ce qui la fait toujours rire: «Sophie, parce qu’elle est blonde.»
> Ce qui la réjouit le plus: «Les moments passés en famille.»
> Un trait de caractère: «La polyvalence.»
> Un défaut: «Je suis têtue et parfois colérique.»
> Une gourmandise: «Le chocolat.»
> Une ville qui l’enchante: «Sydney.»
> Un pays où elle pourrait vivre: «L’Australie.»
> Une musique: «Les chansons de Lana Del Rey.»
> Les films qu’elle ne se lasse pas de revoir: «La plupart des comédies avec Cameron Diaz.»
> Une émission télé: «Ce que j’ai regardé, dernièrement, c’est The Voice. Et Pékin Express, aussi...»
> Un beau gars: «What else?George, voyons!»
> Quelqu’un qu’elle admire:«Mon papa.»
> Une personne à côté de laquelle elle n’aimerait pas être prise en photo: «Un politicien ou une politicienne. Oh! je n’ai rien contre eux, c’est simplement que la politique m’ennuie.»
> Ce qui a le don de l’énerver: «C’est quand je n’obtiens pas ce que je veux, qu’on me résiste.»
> Ce qui l’effraie le plus: «Les films d’horreur.»
> Ce qui la fait toujours rire: «Les mots ou les réflexions de mes enfants.»
> Ce qui la réjouit le plus: «Les vacances.» Pby
BIO EXPRESS
> Naissance le 13 juillet 1974.
> Enfance à Rueyres-Saint-Laurent avec un papa – Daniel – entrepreneur, une maman prénommée Danièle et un frère, Gaëtan.
> Vit toujours à Rueyres-Saint-Laurent et est mariée à Alexandre, peintre en bâtiment. Le couple a deux filles.Audrey (15 ans) et Lysiane (9).
> Exerce la profession d’employée de commerce (à temps partiel).
> Est une vraie dingue de cinéma.
> Dirige avec sa cousine Sophie l’atelier Ascrap’moi, petit temple du scrapbooking à Rueyres-Saint-Laurent (ouvert le jeudi et le vendredi, de 10h à midi, puis de 14 à 18h).
> Naissance le 24 avril 1976.
> Enfance à Rueyres-Saint-Laurent avec un papa – Clovis – transporteur, une maman prénommée Anne-Lise, ainsi que trois frères (Florian, Xavier et Vladimir).
> Est aujourd’hui domiciliée à Fribourg et est mariée à Jean-François, qui est architecte. Le couple a deux enfants, Gabriel (5 ans) et Alice (3).
> Exerce la profession d’assistante médicale (à temps partiel).
> Passionnée de salsa, est aussi clarinettiste au sein d’une fanfare.
> Dirige avec sa cousine Stéphanie Ascrap’moi à Rueyres-Saint-Laurent.
> Adresse de leur site internet: www.ascrapmoi.ch