livre • Dans «Deux petits pas sur le sable mouillé», Anne-Dauphine Julliand raconte le drame de sa famille. Elle était à Fribourg.
Le jeudi 26 avril au soir, au collège St-Michel, devant un public de plus de 200 personnes, une jeune femme à l’apparence frêle témoigne pourtant d’une voix claire et forte de son vécu. «Deux petits pas sur le sable mouillé» est le récit émouvant d’Anne-Dauphine Julliand, qui raconte la vie de sa fille Thaïs, atteinte de leucodystrophie métachromatique, une maladie orpheline. Au beau milieu d’un bonheur parfait, un cataclysme s’abat sur la famille. Le diagnostic tombe: il ne reste plus que quelques mois à vivre pour la petite Thaïs. C’est alors le début d’une fantastique histoire d’amour.
«Ajouter de la vie aux jours, quand il n’y a plus de jours à ajouter à la vie.» Cette maxime devient leur moteur de vie. Thaïs privée de tous ses sens, sur son lit, jusqu’au bout, enseigne à ses proches ce que signifie l’amour. «Elle n’était plus qu’un cœur qui bat», raconte la maman, encore bouleversée par le décès de son enfant. «Thaïs aura vécu une belle vie. Elle aura eu une vie entière, malgré tout, car le bonheur, ça se choisit. Notre petite princesse courage a vécu trois ans remplis d’amour.»
Alors qu’Anne-Dauphine est enceinte d’un troisième enfant, le couple apprend que leur fille Azylis est atteinte de la même maladie que sa grande sœur. Le couple choisit de vivre pleinement, au jour le jour, «en aimant leurs enfants pour ce qu’ils sont, et non pour ce qu’ils font». Pour eux, l’épreuve et le bonheur ne sont pas incompatibles. Cependant, la souffrance n’est pas exclue. «Je pleure encore tous les jours», confie la jeune femme.
Succès inattendu, l’ouvrage a déjà été tiré à plus de 200000 exemplaires et les droits d’auteur ont été vendus dans plus de 25 pays. Déconcertée par l’enthousiasme des lecteurs, Anne-Dauphine Julliand, entourée de ses proches, continue cependant de proclamer son choix en faveur de la vie et de l’amour, notamment auprès des jeunes: «Je n’ai pas peur de la mort, car je n’ai plus peur de la vie», conclut-elle. Clotilde, 19 ans, présente lors de la conférence, déclare être «impressionnée par cette femme qui ose aller à contre-courant de ce que nous dicte la société actuelle».
Cette histoire de vie a déjà connu de nombreux retentissements et conquis beaucoup de cœurs, dont ceux de quelques Fribourgeois. I
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