parfum • Dans sa boutique artisanale de Conthey (VS), Gladys Werlen crée des produits naturels. Elle a notamment lancé un savon au lait de vache d’Hérens, teinté d’une pincée de poudre de cacao. Rencontre.
Un bruit net et répétitif s’échappe de l’arrière-boutique du magasin Savon aventure, situé dans la zone commerciale de Conthey (VS). Gladys Werlen, la propriétaire des lieux, cheveux attachés et mains gantées, y découpe le fruit de son labeur d’une simple spatule: des pains de savon pesant chacun 7 kg. «Au pif!», avoue-t-elle, même si le grammage se veut précis: 65 grammes pour les petits morceaux et 120 pour les grands.
Un à un, elle dépose les blocs sur la balance: «A deux ou trois grammes près, ils finissent aux échantillons plutôt qu’à la vente... Certains jours, il y a beaucoup d’échantillons», s’amuse-t-elle sans pour autant songer à revoir sa méthode. «J’ai une réglette pour diviser les pains une première fois, ensuite je m’en remets à mon instinct.»
«Le Sud», un savon à base d’huile d’olive et de girofle est encore humide. Sa couleur orangée, bien vive. «Dans les prochaines semaines, les morceaux vont maigrir et perdre de leur teinte à la lumière.» Dans les différentes recettes développées par Gladys Werlen–douze au total–, aucun colorant, ni produit synthétique, tout est naturel. Et même certifié bio depuis 2008.
«Au départ de l’aventure, nous étions deux. Notre objectif premier était de travailler avec des fruits et des légumes», explique-t-elle. L’idée du savon est venue plus tard, lors d’un voyage en Grèce. «Nous sommes entrés dans une boutique spécialisée et j’ai été émerveillée par la richesse des couleurs comme des parfums.» Quand les deux associés d’alors découvrirent que ces produits pourtant vendus sous les étiquettes «artisanal» et «naturel», étaient produits à la chaîne et remplis d’adjuvants chimiques, l’idée de se lancer dans leur propre production leur est venue. Ils ont alors suivi un stage de formation dans le Sud-Ouest de la France, en Pays basque. «Le véritable déclic s’est opéré à notre retour, quand nous avons réussi à inclure dans nos recettes des fruits et des légumes.» Les deux compères ont ensuite ouvert (courant 2006) leur première échoppe dans un tout petit local prêté par les patrons de «La Potagère», à Saint-Pierre-de-Clages.
Là, est né l’un des produits phares de «Savon aventure»: le savon de la «Reine noire», qui, comme son nom le suggère, est à base de lait de vache d’Hérens. «Un savon, c’est trois éléments», reprend Gladys Werlen. «Un corps gras, de l’eau et de la soude. Dans cette recette, grâce à un procédé dont nous garderons le secret, le lait remplace l’eau.» Et pour obtenir une couleur qui rappelle la robe de l’animal, du cacao. Sans quoi, le morceau serait blanc.
Mais si Gladys Werlen a su trouver l’inspiration dans ses racines valaisannes pour la «Reine noire», c’est aux quatre coins du globe qu’elle puise ses idées. Pour ses savons, certes, mais pas seulement…
«Des clientes m’avaient dit qu’elles se lavaient les dents au savon. Je n’étais pas convaincue…» Jusqu’à ce qu’elle se retrouve en voyage au Cap-Vert sans ses bagages, perdus durant le trajet. «Je n’avais qu’un savon et une brosse à dent. J’ai bien dû me débrouiller. Et ça n’est pas si mauvais finalement...» Concession qui ne l’empêchera pas à son retour de développer toute une gamme de pâte à dents à base d’argile verte et de macérat de plantes: «Le dernier né sera à la vente dès aujourd’hui. Il s’appellera «Terre de feu» parce qu’il est composé d’argile rouge et de menthe», s’enthousiasme-t-elle tout en coupant son dernier pain de savon. I
Savon aventure, route des Industries 1, Conthey. Gladys Werlen est également présente tous les vendredis au marché de la Vieille-Ville de Sion.
Sur internet, www.savonaventure.com
«Avant de me lancer dans cette aventure, le savon était pour moi quelque chose de ringard», confie Gladys Werlen, propriétaire de la boutique Savon aventure de Conthey. La jeune femme se sentait comme en rébellion face à ce produit qui lui rappelait sa «grand-mère devant son bassin au mayen».
Depuis, elle a découvert la créativité du produit, mais aussi comment les anciens faisaient avec peu parce qu’ils n’avaient pas d’autre choix. «Et finalement, ça ne marchait pas si mal!», commente-t-elle.
Il y a quelques mois, elle a fait installer à l’extérieur de sa boutique un bassin de pierre pour y tester les échantillons. «J’ai l’impression de renouer avec mes racines», sourit-elle. Sa prochaine création sera d’ailleurs un retour aux racines du savon, composé de lavandes. Quant à la date de sa sortie en boutique: «Le suspense reste entier.»
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