Il ne fera pas la rentrée scolaire de l’automne 2012. Enseignant à l’école primaire de Delémont, Léonard Gogniat lâche son emploi pour faire tourner le Carrousel. Auxiliaire dans le même collège, Sophie Burande, la part féminine du duo Carrousel, prend la route avec l’homme qu’elle aime et ce projet musical. «Notre rêve, à terme, serait de partir dans un minibus et vivre de notre musique. Pourquoi pas dans les Balkans?» se demande Léonard. Avant de prendre le large, Carrousel défend son deuxième album, «En équilibre», sorti en mars en Suisse et le 18 juin en France.
Autodidactes, le Jurassien et l’Auvergnate se sont rencontrés dans la rue et sous le soleil, comme dans un conte de fées. Léonard, en vacances dans le sud de la France, jouait de l’accordéon dans les rues de Volenne, près de Marseille. Après avoir recueilli quelques sous, il paie l’apéro à ses amis et, soudain, entend le son d’un... accordéon sur le trottoir d’en face. Il se lève et va voir qui lui fait concurrence. Sophie est là! Ils se découvrent multi-instrumentistes, les deux. «Nous avons plein d’éléments en commun, les mêmes références musicales», se réjouit Léonard en échangeant un regard complice avec Sophie.
L’année suivante, en 2008, ils passent six mois ensemble à Paris. En 2009, Sophie rejoint Léonard à Delémont et, depuis, les deux créent ensemble: textes et musiques. «Nous avions d’abord sorti trois titres. Il y a eu un effet boule de neige, ça a pris de l’ampleur par le bouche-à-oreille, un concert en a amené un autre», se souviennent les deux musiciens. En 2009 naît leur premier album, «Tandem». «On l’a fait comme une carte de visite. Et nous avons été bien diffusés en radio», sourit Léonard. Pour ce deuxième enregistrement, «En équilibre», le couple s’est entouré de beaucoup d’autres musiciens. Et là aussi, le single «Sergio Leone» a rapidement trouvé le chemin des ondes.
Pour passer du studio à la scène, Sophie et Léonard se sont installés en résidence à la Case à chocs de Neuchâtel où ils ont travaillé avec Raphaël Noir. «Nous avions besoin de ce regard extérieur. On ne veut pas théâtraliser notre spectacle mais garder une certaine fraîcheur.» Sophie et Léonard souhaitent simplement rester eux-mêmes. En résidence, ils ont joué avec les deux autres musiciens de la tournée. «Sur scène, on amène plus de nuances. Avant, nous étions tout le temps dans l’énergie», note Léonard.
Dans leur univers, on sent qu’ils aiment découvrir des sons. «Nous partons souvent d’une mélodie simple au départ qui s’étoffe au fil du morceau.» Ils se sentent proches du monde de Yann Tiersen, écoutent volontiers Miossec, Noir Désir ou les Têtes raides. Leurs chansons parlent du couple, de rapports humains, toujours de manière intemporelle. «Nous ne sommes pas revendicateurs, nous avons une certaine pudeur, glisse Léonard. On ne veut pas donner de leçon, juste des couleurs, du plaisir.» I
> En concert le 19 juillet à Lausanne. www.groupecarrousel.com
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