Ambiance • Après les représentations de gala, les groupes présents aux Rencontres de folklore internationales de Fribourg se réunissent au bar des artistes pour poursuivre les festivités. Détour par les coulisses.
Les journées sont bien remplies pour les groupes de folklore venus animer la ville de Fribourg. Entre spectacles, représentations décentralisées et soirées de gala, les prestations s’enchaînent. Elles approchent la quinzaine pour chacun des groupes, selon Stéphane Maret, président des Rencontres de folklore internationales (RFI).
Mais, à côté des événements artistiques, les participants profitent aussi de moments plus ludiques et moins contraignants. A l’image de jeudi, où un après-midi de jeux et une nuit de fête ont remporté un franc succès auprès de ces groupes dont la moyenne d’âge ne dépasse pas les 25 ans. «La section jeunesse du Comité international d’organisation de festivals de folklore (CIOFF) a décidé de s’intéresser aux jeux folkloriques. On a donc mis en place un après-midi récréatif où les groupes participant aux RFI découvraient la Suisse d’une autre manière. Entre le planté du clou et la pomme de Guillaume Tell, des équipes composées à partir des différents groupes d’artistes ont eu le temps de sympathiser et d’apprendre à se connaître», explique Lauriane Zosso, responsable des activités et membre des jeunes du CIOFF.
Le plus étonnant est qu’après un tel après-midi et une soirée de gala à la salle Equilibre, le bar des artistes accueille à une heure du matin des jeunes encore pleins d’énergie. Dans cette salle aménagée pour recevoir les groupes de folklore, les percussions du groupe kényan retentissent, accompagnées par des chants bientôt repris en chœur par la foule. Les artistes, les guides et les organisateurs dansent et chantent d’une même voix des mélodies qu’ils ont appris à connaître ces derniers jours.
Chaque soir, deux groupes animent la fête, et après le Kenya, Israël a pris le relais. La voix grave et suave du chanteur réunit le temps d’une danse des couples de tous horizons avant qu’un groupe de jeunes filles demandent au DJ une musique plus rythmée. Détrôné, le Frank Sinatra d’un soir descend alors du haut de sa chaise et remet avec un sourire le micro au jeune en charge des platines.
La soirée se poursuit, un verre à la main, sur la piste de danse ou dehors pour prendre l’air et fuir le bruit de la salle. Les gens discutent comme si la barrière des langues n’était qu’un lointain souvenir. Carine Gex, qui guide cette année la Serbie, confie: «J’ai toujours aimé voir défiler le cortège et me suis donc proposée comme guide l’année passée. De cette manière, je suis proche des artistes et on s’imprègne très vite de leur culture. L’ambiance lors de ce genre de soirée est exceptionnelle et joue certainement un rôle dans la réputation du festival.»
Pendant la soirée, les groupes sympathisent sans l’usage des mots. Lorsqu’on questionne sur cette manière étonnante d’échanger, la réponse est simple: «Pour comprendre, le mieux est encore d’essayer!»
Suivant ce bon conseil de l’un d’entre eux, les bénévoles se lancent sur la piste de danse et les guides nouent le dialogue avec quelques mots d’anglais. Ici «folklore» rime avec «rencontres». Pour d’autres, il se fait tard (2h30 du matin) et il est temps de rentrer se coucher. A travers le temps, la cité des Zaehringen s’est construit une réputation qui traverse les frontières. Selon les organisateurs, plusieurs centaines de candidatures sont déposées chaque année pour participer aux RFI. Et vu l’ambiance qui accompagne les artistes de jour comme de nuit, on comprend leur engouement. I
Ce samedi, le programme est chargé du côté du Village des Nations. De 11 à 13h, le kiosque à musique de la RTS accueillera tous les orchestres des groupes ainsi que le groupe d’Evolène, Arc-en-ciel. De 14 à 18h se succèderont des groupes de hip-hop, de Võ-Viêtnam et de capoeira. A ne pas manquer, la parade des cultures du monde qui défilera à 19h15 entre la gare et la place Georges-Python.
Dimanche aura lieu l’habituel spectacle de clôture à la halle Sainte-Croix où se produiront tous les groupes de folklore dès 16 heures. PG
Raphaël Mauron, bénévole depuis plus de 30 ans au sein des Rencontres de folklore internationales, s’occupe de l’accueil des artistes. Une tâche qui lui tient à cœur puisqu’il sait combien elle est importante, ayant lui-même voyagé à travers le monde en compagnie de l’ensemble vocal Mon Pays, qui reprend les chants traditionnels de l’abbé Bovet.
Plus de trente ans comme bénévole, un exploit?
Je ne suis pas le seul dans mon cas. Ma femme a commencé avant moi et c’est elle qui m’a donné l’envie de me lancer dans l’aventure. Nous sommes nombreux à être bénévoles de longue date et nous avons du plaisir à nous retrouver d’année en année. L’ambiance générale et le dynamisme de ces Rencontres me plaisent énormément.
Le dynamisme est la recettemiracle?
Oui, je pense. Il y a chaque année de nouveaux bénévoles et la moyenne d’âge des groupes folkloriques est souvent basse. En Suisse, il colle à la peau du folklore une image vieillissante mais toutes nos musiques traditionnelles ont beaucoup de succès à l’étranger. Le festival de Fribourg s’adapte à chaque édition pour suivre ce dynamisme. L’accueil est aussi important pour les artistes qui doivent pouvoir se dire: «On nous attend.»
Le bar des artistes est aussi une manière d’exprimer cet accueil?
On fait en sorte que les artistes mangent ensemble et puissent partager des moments forts. Je me souviens avoir chanté pendant deux heures avec un artiste polonais. On ne parlait pas la même langue mais la musique suffisait!
Propos recueillis par PG