Les habitants de la Grand-Fontaine souhaiteraient que leur rue soit plus calme e
Les habitants de la Grand-Fontaine souhaiteraient que leur rue soit plus calme et moins bruyante, un peu comme sur cette photo… Alain Wicht
17/07/2012

Ça chauffe à la Grand-Fontaine

fribourg • Les habitants de la rue en ont marre des nuisances liées à la prostitution et à la circulation. Ils souhaitent constituer une association pour défendre leurs intérêts.

Ras-le-bol!Les habitants de la Grand-Fontaine à Fribourg en ont marre des nombreuses et diverses nuisances liées à la prostitution et à la circulation. A tel point qu’ils souhaitent constituer une association afin de défendre leurs intérêts. La décision devrait être prise au début du mois de septembre.

«Nous avons évoqué cette idée il y a quelques semaines lors d’un pique-nique», indique Antonio Cascione. Et cet habitant de la célèbre rue menant en Vieille-Ville de mentionner que la plupart de ses voisins ont montré un vif intérêt pour la création d’une association.

Soucis liés à la prostitution ou encore à la circulation, vitesse excessive, sens unique non respecté à partir de 21 heures, entre autres, pourrissent en effet la vie de nombreux résidents de la Grand-Fontaine. Une situation qui n’est pas nouvelle étant donné la présence légendaire des travailleuses du sexe dans cette zone. «Mais il y a deux ans, ce n’était pas aussi grave!», poursuit Antonio Cascione. Un avis que partagent plusieurs personnes habitant les lieux depuis longtemps.

La plupart évoquent de fréquents hurlements durant la nuit ainsi que des vitres brisées et autres «désagréments» comme des bars clandestins. Le décès d’un toxicomane ainsi que d’une prostituée il y a quelques mois ont encore intensifié le sentiment d’insécurité dans la rue.

 

La clientèle a changé

«Cela dure toute la nuit depuis 22 heures. Les nuisances proviennent des clients mais aussi des prostituées qui braillent. C’est simple, on ne peut plus dormir!A tel point que je quitte mon logement durant le week-end», explique Antonio Cascione. «On appelle la police mais cinq minutes plus tard, c’est reparti de plus belle.»

Et d’estimer que la «population» fréquentant la rue tardivement a triplé ces deux dernières années. «On compte entre 30 et 40 personnes le week-end. Ce n’est plus possible! Il y a beaucoup de nouvelles prostituées qui viennent des pays de l’Est. La clientèle a aussi changé, elle est plus jeune qu’auparavant. Peut-être est-ce à cause des nombreux chantiers en ville actuellement?», s’interroge-t-il tout en affirmant que les habitants «se tiennent les coudes». Raison pour laquelle ils se sont récemment opposés à l’ouverture d’un salon de massage dans leur rue.

 

Fenêtres fermées

Une voisine, qui habite un peu plus bas, est plus nuancée:«C’est vrai qu’il y a parfois beaucoup de monde dans la rue et que le soir, on ne peut pas laisser les fenêtres ouvertes à cause du bruit», raconte cette Fribourgeoise qui ne se dit pas incommodée outre mesure. «Notre chambre donne du côté de la Neuveville donc ça va. Quant au sentiment d’insécurité, je ne le ressens pas même quand je rentre tard mais c’est certainement différent pour ceux qui sont aux premières loges.»

Dans tous les cas, elle soutiendra, avec son mari et par solidarité avec les habitants, la création d’une association. «Ce qui nous dérange le plus, c’est la circulation qui est, aux heures de pointe, importante. L’état de saleté de la rue le matin est aussi un souci et ne donne pas une bonne image de la ville. On va participer activement à cette association si elle voit le jour!»I

 

 

 

Sur deux quartiers

La rue de la Grand-Fontaine a la particularité d’être partagée entre les quartiers de la Neuveville et du Bourg. Ce que confirme Yvan Jelk, chef du service du cadastre de la ville. «La rue des Alpes et de Lausanne se situent aussi sur deux quartiers», ajoute-t-il. Une séparation qui date de nombreuses années et dont la raison est politique.

La définition d’un quartier se faisait à l’époque en fonction de l’emplacement des bureaux de vote. Une situation qui explique en grande partie le souhait des habitants de la Grand-Fontaine de constituer leur propre association, estimant que leurs problèmes ne sont parfois pas suffisamment traités par les deux quartiers.

«On nous a demandé de soutenir les habitants de la Grand-Fontaine. Nous allons analyser la situation afin de voir ce qu’on peut faire et une rencontre aura lieu au début de l’automne», assure le président de l’association du Bourg, Jacques Piller.

Son homologue de la Neuveville, Roland Julmy, comprend le souci des habitants de la rue mais s’interroge sur la marche de manœuvre d’une association. «A part attirer l’attention des autorités, on ne peut pas faire grand-chose etsouvent on n’est pas écouté!»

 

 

 

Les polices cantonale et locale agissent…

«Nous avons reçu des lettres d’habitants de la Grand-Fontaine qui se plaignent de diverses nuisances et nous sommes souvent interpellés à ce propos», explique Thierry Steiert. Le directeur de la police locale de la ville estime qu’il y a là un «problème objectif» auquel le Conseil communal souhaite répondre. Raison pour laquelle la commune s’est associée, la semaine passée, à la police cantonale dans le cadre d’une «action ciblée» sur les lieux.

C’est ainsi que des agents de la police de proximité ainsi que de la police locale et de sûreté sont, pour la première fois, intervenus conjointement sur le terrain. Objectif:faire respecter le règlement communal, comme le confirme Donatella Del Vecchio, cheffe du service de presse de la police cantonale. Le règlement communal interdit en effet la prostitution avant 20 heures et après 2 heures du matin. «Evidemment, nous avons constaté que ça ne marche pas comme ça dans les faits…», ajoute Thierry Steiert en remarquant que les comportements dans ce secteur se sont dégradés.

Après la prévention, il est donc temps, selon le directeur de la police locale, de passer à la répression, soit distribuer des amendes d’ordre d’environ cent francs. Ce qu’ont fait les agents la semaine passée lorsqu’ils parvenaient à prendre ces dames la main dans le sac. Une action conjointe qui ne sera pas isolée à en croire Thierry Steiert qui ne souhaite pas donner plus de détails.

Quant à la police cantonale, elle ne constate ni une recrudescence de plaintes ni d’interventions à la Grand-Fontaine. «Il ne faut pas hésiter à appeler le 117 en cas de besoin pour demander l’intervention d’agents et ne pas attendre plusieurs jours avant de le faire!», conseille Donatella Del Vecchio.

stéphanie schroeter

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