FRIBOURG • Faut-il se réjouir de l’explosion du nombre d’habitants dans le canton et de la gestion par les autorités?
L’explosion démographique du canton de Fribourg suscite l’autosatisfaction des autorités, mais cache en réalité un manque de vision, de stratégie et de maîtrise de l’aménagement du territoire. Le revenu moyen fribourgeois stagne et l’accroissement de la population a favorisé l’hypertrophie du secteur de la construction à faible valeur ajoutée.
Le canton devient une zone dortoir, même si ce constat est douloureux et peu séduisant. L’immigration intercantonale et internationale n’est pas le fruit de l’attractivité de nos écoles. Seule l’extension anarchique des zones à bâtir explique ce phénomène. Le discours politique ne change pas malgré les difficultés à venir en matière d’infrastructure, de trafic, d’écologie et de finances publiques.
La perte de l’identité cantonale et l’émergence de nouveaux problèmes sont passés sous silence, car dérangeantes pour le puissant lobby de l’immobilier. L’arrivée d’une «Verte» au Gouvernement n’a rien changé. Les contradictions entre les discours officiels prônant le développement durable et les prises de décision sont manifestes.
Le slogan «High Tech in the Green» prête à sourire: la pléthore des centres commerciaux gourmands en terrain et générateurs de faibles revenus est devenue la carte de visite du canton. L’engouement du syndic de Bussy pour le projet d’Ikea est révélateur de nombreuses incohérences («La Liberté» du 25 mai). Le canton avait la capacité de choisir un développement qualitatif et harmonieux. Il a raté ce virage. Reste à espérer que les autorités soient enfin capables d’une appréciation critique de l’explosion démographique.
Gérard Dewarrat,Sommentier
