08/08/2012

Trop pour une seule personne

Selon le dernier sondage en date, Eveline Widmer-Schlumpf est la plus connue des sept conseillers fédéraux. Normal. Non seulement elle est présidente de la Confédération, mais il ne se passe pas un jour sans que l’on parle de l’un des dossiers chauds du Département des finances: négociations avec les Etats-Unis, discussions avec l’Union européenne sur la fiscalité des entreprises, stratégie de l’argent propre, secret bancaire, révision de la convention avec la France sur les droits de succession, introduction d’une fiscalité écologique.

Même si la conseillère fédérale grisonne dissimule une volonté de fer derrière son allure de moineau effarouché, c’est trop pour une seule personne. Dans un contexte international particulièrement agressif, Eveline Widmer-Schlumpf combine les fonctions de présidente et de ministre des Finances tout en empiétant sur celles du Département des affaires étrangères. Le cas illustre une fois de plus la surcharge des conseillers fédéraux. Elle entraîne un risque de retard ou de rigidité dans le traitement des dossiers.

La grande argentière ne laissera pas un souvenir impérissable comme présidente. On ne lui en tiendra pas rigueur. Son avenir politique dépend plutôt de la conclusion d’un accord global avec les Etats-Unis et de la ratification par le peuple des accords Rubik destinés à préserver les intérêts de la place financière suisse. La réponse tombera à la fin de l’année, en même temps que la fin de l’année présidentielle. Une façon de boucler la boucle!

CHRISTIANE IMSAND

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