Pour l’Hôpital fribourgeois (HFR), l’année 2012 ne sera pas de tout repos. Car des nuages menaçants s’accumulent au-dessus de sa tête. Nouveau financement hospitalier oblige, la tâche des dirigeants est loin d’être une balade de santé. Changer d’un jour à l’autre de modèle de financement implique forcément quelques ratés, comme l’atteste la masse de factures en souffrance.
On ne peut pourtant pas reprocher à l’HFR d’avoir marchandé à l’orientale les tarifs de base avec les assureurs. Le fiasco des négociations n’est que le fruit de ce nouveau système qui permet ce genre de dérives regrettables. On peut en revanche blâmer l’HFR d’avoir sous-estimé ses coûts de fonctionnement, jugés trop élevés par les assureurs en comparaison des autres hôpitaux régionaux. A ce propos, il serait malvenu d’incriminer les seuls employés, dont la direction rappelle avec fierté qu’ils sont bien payés en comparaison intercantonale. Mais ce traitement ne constitue qu’un juste salaire du travail particulièrement éprouvant en hôpital. Aujourd’hui, l’HFR est sous perfusion et survit grâce aux fonds prêtés par l’Etat de Fribourg. Un cas de figure étrange, quand on sait que la nouvelle législation fédérale a pour but de faire des hôpitaux des entreprises indépendantes, soumises aux lois du marché. Jusqu’à quand l’Etat pourvoira-t-il l’HFR en argent frais pour assurer son exploitation? Par respect pour le contribuable, la question peut légitimement se poser.
Ce qui interpelle aussi, c’est la manière dont l’HFR a calculé le manco de 15 millions dans son budget 2012. Cela, quand on sait qu’il ne connaît pas encore la hauteur exacte des sommes dont il pourra disposer de la part des assureurs pour l’année en cours. A-t-il volontairement noirci le tableau pour justifier son train de mesures d’économies? Ou a-t-il à l’inverse sous-estimé les répercussions financières négatives du capotage des négociations avec les assureurs? Au milieu de ces zones d’ombre, on espère que ce ne seront pas les patients qui en feront les frais.