28/07/2012

Fabian Cancellara s’attaque aux joyaux de la Couronne

course en ligne • Le médaillé d’argent de Pékin fait partie des rares coureurs à pouvoir priver de titre le Britannique Mark Cavendish. «Il faudra durcir la course.»

A une demi-heure de la gare de Waterloo, dans le grand ouest londonien, Hampton Court avait été le refuge du roi Henri VIII. Loin du tintamarre olympique, les cyclistes helvétiques ont donné rendez-vous aux médias dans ce cadre majestueux du Surrey. Sur la terrasse de ce petit hôtel, forcément cossu, Fabian Cancellara est «calme, concentré, motivé». Le Bernois est de retour aux affaires après un dernier mois à fortes émotions. Son maillot jaune conservé avec panache durant la première semaine du Tour de France et la naissance de sa deuxième fille, Elina, le 13 juillet, lui ont donné «une grande force» pour aborder ces Jeux olympiques. Il est, avec le Slovaque Peter Sagan ou encore l’Allemand André Greipel, l’«ennemi» annoncé des hommes de la Reine. Car cette première grande épreuve des Jeux de Londres est promise à la Grande-Bretagne et à son sprinter Mark Cavendish.

 

Le piment des Jeux

«Le plus important était d’être prêt pour ce que je dois faire ici. Et je le suis, comme toute mon équipe», affirme le champion suisse. A ses côtés, Michael Schär, Martin Elmiger, Grégory Rast et Michael Albasini protègent leur leader. Ils le feront aussi, aujourd’hui, en course. Car la stratégie des Suisses sera évidemment concentrée autour de la performance de Fabian Cancellara.

Mais comment faire pour battre les sujets de sa Majesté, qui rouleront sans aucun doute pour un emballage final et une arrivée au sprint qui devrait consacrer Mark Cavendish? «Le parcours n’est pas difficile, mais la course le sera», remarque Fabian Cancellara. Le piment des Jeux réaménage les contours tactiques de l’épreuve. «Dans les classiques, dans les étapes du Tour de France, seule la première place compte. Ici, on se battra pour les trois places du podium.»

 

Box Hill, cette petite colline

Les organisateurs ont fait une montagne de Box Hill, cette petite colline et sa route resserrée qui culminent à 224 m. C’est la principale difficulté d’une course de 250 km. Les coureurs escaladeront cette bosse de 2,5 km à neuf reprises (4,9% de moyenne), la dernière à 50 km de l’arrivée. «Je sais ce que je dois faire, à moi de procéder aux bons choix en course», continue Fabian Cancellara.

«Il faudra durcir la course dès les premiers kilomètres», avance Luca Guercilena, le coach de l’équipe de Suisse qui sait pouvoir compter sur des alliés. «On ne mettra rien sur la table aujourd’hui. Mais c’est vrai, les Espagnols, les Italiens, la Slovaquie avec Peter Sagan ou encore les Pays-Bas et la Belgique ont intérêt à ce que la course ne se joue pas au sprint.» C’est qu’avec au maximum cinq coureurs par nations, les équipes nationales auront moins de poids pour contrôler la course.

Fabian Cancellara, c’est promis, sera d’attaque. Le Bernois ose l’ambition, il est là pour gagner et faire mieux qu’à Pékin! «Je ne signerais pas pour une médaille de bronze, moi, je veux le top!» La longue avenue finale, qui mènera cet après-midi à Buckingham Palace, sera-t-elle sa voie royale? I

 

Les cotes

*** Mark Cavendish (Grande-Bretagne)
** André Greipel (Allemagne)
** Fabian Cancellara (Suisse)
* Peter Sagan (Slovaquie)
* Matthew Goss (Australie)

 

 

 

Un engouement sans pareil

«Je ne crois pas qu’une épreuve, dans toute l’histoire des Jeux olympiques, attirera autant de spectateurs que la course d’aujourd’hui. Nous espérons plus d’un million de spectateurs sur le tracé», annonce Pat McQuaid, le président de l’UCI. Renforcé par l’éclatante victoire du roi Bradley Wiggins dimanche au Tour de France, accompagné par l’impressionnant tour de force de son dauphin Chris Froome et agrémenté des quatre succès d’étape de Mark Cavendish, la «Cyclingmania» a bien envahi les rues de la capitale londonienne. «Gagner à Londres face aux Britanniques équivaut à remporter une Coupe du monde au Brésil!», avance Fabian Cancellara. Avec encore les apports de David Millar et Ian Stannard, le cinq british a été rebaptisé la «Dream Team» par les médias locaux. «J’ai beaucoup de respect pour les Britanniques, mais de là à dire que leur équipe est une Dream Team, il y a un pas», sourit le chef d’équipe Luca Guercilena. «Nous n’avons peut-être pas tous gagné une étape du Tour de France, mais notre équipe reste très compétitive», rétorque Michael Albasini. Le match est lancé.

raffi kouyoumdjian, londres

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