Baignades et grillades au bord de la Sarine: un vrai bonheur quand le thermomètre s’emballe. Et ce n’est pas terminé… Vincent Murith
canicule • Le thermomètre s’est affolé ce week-end, poussant de nombreux Fribourgeois à quêter la fraîcheur. Plonger dans la Sarine depuis le pont de Berne à Fribourg ou rejoindre l’oasis d’Hauterive étaient deux options.
Les températures caniculaires de ce week-end ont poussé les Fribourgeois à adopter deux types de stratégie:rester au frais à la maison–ce qui est en général conseillé aux personnes âgées ou fragilisées par la maladie (lire ci-contre)–ou partir en quête d’une oasis. Avec un mercure flirtant allègrement avec les 33 degrés sur le Plateau , les piscines ont notamment fait le plein tout le week-end.
En Basse-Ville de Fribourg, les terrasses affichaient de bons taux de fréquentation tandis que les plus intrépides des assoiffés s’essayaient au plongeon dans la Sarine depuis le pont de Berne. Les nombreux spectateurs des Rencontres de folklore internationales (RFI) ont bénéficié, quant à eux, de la prévenance des organisateurs qui avaient mis à leur disposition de l’eau minérale gratuite. Hier, les pompiers ont même activé leurs lances à eau devant la halle de Sainte-Croix afin de rafraîchir quelque peu les lieux avant le spectacle de clôture de 16 heures.
Les bords de la Sarine ont également aimanté la population, notamment du côté d’Hauterive. Hier sur les coups de midi, une procession quasi ininterrompue de baigneurs se dirigeait vers la plage de galets située dans un méandre de la rivière, à deux pas de l’abbaye. «Quand il fait chaud comme aujourd’hui, je connais plusieurs endroits agréables dans la région», notait ainsi Robert Gerber, venu à vélo depuis Granges-Paccot avec son neveu. «Il y a aussi la Stersmühle à Tinterin, et d’autres coins au Lac-Noir ou à Morlon. J’essaye d’alterner.»
Avis aux amateurs de baignade dans la Sarine:l’eau y est un peu froide. «Mais quand il fait 35 degrés ce n’est pas un problème», lâche Robert Gerber. La baignade, c’est aussi pour ça que Rachel Mory avait fait le déplacement avec sa fillette Camille. «Je viens souvent par ici. J’aime cet endroit calme et reposant, où il n’y a en général pas trop de monde. Nous allons probablement manger un petit morceau, et rester l’après-midi pour nous baigner.»
La balade au bord de la Sarine sous le regard des moines d’Hauterive faisait hier des émules jusqu’en région parisienne. Venu du «neuf-quatre» (le Val-de-Marne), le Savoyard d’origine Claude Duperrier et son épouse étaient ravis d’avoir suivi leur nièce fribourgeoise en promenade. «On est vraiment étonné de voir un endroit aussi sympa tout près de Fribourg!Comme il fait chaud, on fait juste une petite balade au frais avant de repartir.»
D’autres réfugiés de la canicule étaient manifestement là pour un moment, déployant forcetables et chaises de camping le long du cours d’eau avant de sortir les grillades.
La police cantonale ne déplorait hier aucun incident lié aux activités de loisir pratiquées par les Fribourgeois échaudés. Ailleurs, le week-end a été endeuillé par les décès d’un baigneur genevois de 37 ans, qui s’est noyé samedi aux bains des Pâquis, et d’une Zurichoise de 20 ans victime hier d’un accident de canyoning dans les Grisons.
Aux urgences de l’Hôpital cantonal de Fribourg, on ne signalait pas hier de cas de malaises liés à la chaleur. La situation n’est pas comparable à celle de 2003, lorsque la canicule s’était installée beaucoup plus longtemps.
Mois d’août et glissement vers l’automne obligent, les nuits commencent en outre à s’allonger, offrant davantage de répit aux dormeurs et rafraîchissant plus durablement l’atmosphère. I
MRZ AVEC L'ATS
Les amateurs de fortes chaleurs et de nuits tropicales ont de quoi se réjouir: l’accès de fièvre frappant actuellement la Suisse pourrait se prolonger encore jusqu’à mercredi, avec des températures dépassant régulièrement la cote des 33 degrés. Hier en milieu d’après-midi, une température de 32,6 degrés a été mesurée du côté de Payerne. Mais c’est du côté de Sion que le record de la journée a été enregistré:35,5 degrés.
Chef du bureau romand de Météosuisse, Pierre Eckert rappelle que l’alerte canicule émise la semaine dernière court encore jusqu’à mercredi soir. «On parle de canicule lorsque la température dépasse 33 degrés durant trois jours consécutifs», explique le météorologue. Ces conditions climatiques étant associées à des risques sanitaires, elles devraient inciter les personnes fragilisées (aînés, jeunes enfants et malades) à rester si possible au frais à l’intérieur du domicile.
Aujourd’hui lundi, les prévisionnistes tablent sur quelques nuages élevés induisant une atténuation de la chaleur. «Mais il suffirait d’un coup de vent venu du sud-ouest pour atteindre à nouveau des températures caniculaires», note Pierre Eckert. Des orages localisés sont attendus mercredi, avant l’arrivée d’un véritable front orageux en fin de semaine.
Les températures élevées de ces derniers jours sont préjudiciables à la qualité de l’air. La concentration d’ozone dans l’air a ainsi pris l’ascenseur. La situation n’était pas encore préoccupante hier, mais la valeur limite de 120 microgrammes par mètre cube a néanmoins été dépassée sur le Plateau et au Tessin.
