marathon • L’Obwaldien aimerait être le premier athlète classé non né en Afrique. Il s’est préparé avec minutie.
Viktor Röthlin, «notre homme du marathon», sera avec Nino Schurter l’un des deux sportifs à conclure le programme suisse de ces Jeux olympiques de Londres demain. Si le vététiste possède des chances réelles de fournir au pays une quatrième médaille, l’Obwaldien aspire à d’autres ambitions dans une discipline archidominée par un continent. «J’aimerais être le premier athlète classé, non né en Afrique!» Il y a quatre ans, Röthlin avait déjà réussi ce petit exploit, prenant le sixième rang final du marathon olympique de Pékin. «C’est difficile, aujourd’hui, d’évaluer réellement la concurrence et de me fixer un rang précis. J’ai regardé la liste de départs et je possède le dixième temps d’engagement. Croire que je peux faire mieux que sixième serait de la folie. En tout cas, j’en saurai un peu plus après une heure de course.»
A 37 ans, le minutieux Viktor Röthlin a en tout cas mis toutes les chances de son côté. «J’ai le sentiment d’avoir réalisé la meilleure préparation possible, même si j’ai connu quelques problèmes de santé et des soucis politiques au Kenya.» Depuis une année – «40 semaines» précises – Viktor Röthlin a tout tourné autour de cette course du 12 août, «la course de sa vie», courant 8200 kilomètres, soit l’accumulation de 195 marathons ou la distance, aller-retour, de la Suisse au pôle Nord!
Demain, Viktor Röthlin devrait être aux avant-postes. Il a pris le cinquième rang lors du dernier marathon qu’il a couru… en février. «Cette course olympique est très spéciale pour moi. Je ne suis pas comme un joueur de tennis qui aligne les tournois. Moi, je ne cours que deux marathons par année.» Le rythme imposé par les Ethiopiens et les Kényans dictera aussi sa performance. Lui a besoin de stabilité dans sa course, comme lors de sa marque record, ses 2h07’23 établis en 2008 à Tokyo. Ce marathon partira du Mall londonien, à deux pas de Buckingham Palace, et passera par la cathédrale Saint-Paul et Tower Bridge.
Les quatrièmes Jeux de Röthlin seront aussi ses derniers. «Je revoyais, l’autre jour, des photos de ma participation aux Jeux de Sydney. J’avais un visage de bébé et je ne courrais alors que le troisième marathon de ma carrière.» Celui de Londres sera-t-il son dernier? «Je n’ai pas encore pris de décision. Je verrai ça un peu plus tard au calme.» Car, dans un coin de sa tête, il y a la possibilité de viser la gloire aux championnats d’Europe, en 2014 à Zurich. Et Zurich, c’est moins loin que le pôle Nord. I
Voir notre dossier: JEUX OLYMPIQUES DE LONDRES