|
|||||||||
|
|||||||||
![]() L'UBS est décapitée à Fribourg COUP DE TONNERRE - Deux piliers de l'antenne fribourgeoise ont été débarqués séance tenante. L'un d'eux, en particulier, était une personnalité très appréciée dans le canton. CHRISTIAN CAMPICHE (photo Charly Rappo) Jeudi 1er juillet 2010. Convoqué en urgence au siège d'UBS à Zurich, Louis-Philippe Cardis se voit notifier que ses jours à la tête de l'unité de gestion de patrimoine - l'un des trois secteurs clés de la banque - à l'antenne UBS de Fribourg sont comptés. «Son avenir n'est désormais plus sur les bords de la Sarine. Deux propositions lui ont été faites pour la suite de sa carrière chez UBS», confirme le porte-parole d'UBS, Jean-Raphaël Fontannaz.Diffusée dès le lendemain au 37 de la route du Jura, siège d'UBS à Fribourg, la nouvelle se répand comme un traînée de poudre parmi les 120 employés et la clientèle de la banque, d'autant que le directeur de la région Fribourg, Bernard Stössel, s'en va lui aussi. Ce dernier est aussitôt remplacé par Alexandre Renevey, 42 ans, un Fribourgeois actif à ce jour à UBS Lausanne. «Il sera désormais le numéro un d'UBS dans le canton», précise M. Fontannaz.Ce dernier explique ainsi le départ de Fribourg des deux cadres: «La mesure fait partie d'une réorganisation d'UBS en Suisse. La banque est composée désormais de 10 régions contre 12 auparavant. La région de Fribourg est refondue dans une entité plus grande, rebaptisée «Romandie», en compagnie de Vaud, Neuchâtel et Jura, sous la direction d'Alain Conte. L'objectif est d'avoir une meilleure taille critique.» Coup dur pour Cardis L'antenne de Fribourg perd ainsi l'autonomie qui la faisait dépendre directement de Zurich. Désormais son sort dépendra à nouveau directement de Lausanne, une situation de déjà-vu au cours des décennies écoulées. Quant à Neuchâtel, «sa situation était un peu hybride du fait d'un découpage incluant aussi la région de Bienne et le Jura, autant de régions qui ont finalement peu d'affinités, comme l'a rappelé récemment un ministre du nouveau canton», commente M. Fontannaz. Indépendamment des raisons stratégiques, le coup est dur pour Louis-Philippe Cardis, 55 ans. Ancien du Credit Suisse dont il a dirigé l'unité de Fribourg de 2000 à 2004, ce Fribourgeois d'adoption a accumulé les engagements dans le canton. Membre d'une multitude d'associations dont le Lions et le Cercle de l'Union, trésorier de la Ligue fribougeoise contre le rhumatisme, proche des Grenadiers, de la Landwehr et du PLRF, président de l'Inter-Clubs de Fribourg, l'homme n'a pas vraiment le profil d'un béni-oui-oui. En attestent les messages de sympathie qu'il a reçus du fait de son éloignement de Fribourg et qui témoignent de l'aura de celui que beaucoup considéraient comme un M. UBS Fribourg.De New York, Joseph Deiss lui a ainsi envoyé un courriel dans lequel le futur président de l'Assemblée générale de l'ONU déclare être «très attristé». Louis-Philippe Cardis avait «su rapprocher l'UBS de la clientèle de Fribourg et cela malgré les tourmentes internationales qui ont touché la banque ces récentes années». Le voilà «mal récompensé».Regrets de Mme Meyer Thérèse Meyer a aussi exprimé ses regrets. Les activités de M. Cardis étaient «si positives» que ce soit professionnellement ou au niveau associatif. Elles étaient «reconnues et admirées loin à la ronde», lit-on dans un courriel adressé par la conseillère nationale à Louis-Philippe Cardis.Dès lors comment interpréter ce que beaucoup de monde à Fribourg considère comme une grosse bourde de Zurich? Faut-il l'attribuer aux caractères du trio qui fait désormais la loi à la direction générale d'UBS? Outre le primus inter pares Oswald Grübel, deux personnages font beaucoup parler d'eux: Ulrich Körner et Lukas Gähwiler, tous des «ex» de Credit Suisse. En confiant Fribourg à Lausanne, Zurich dépersonnifie l'économie de la région, juge un acteur économique et politique important du canton. De là à dire que Zurich prend les grandes options sans tenir compte des contingences locales, il y a un pas que d'aucuns, à Fribourg, franchissent allègrement. S'agissant d'une banque qui se trouve encore aux soins intensifs, la critique n'est pas vaine et pourrait résonner comme un nouvel avertissement.* * * À LIRE ENCORE DANS NOTRE ÉDITION COMPLÈTE: > Redressement confirmé C'EST LA RENTRÉE POUR GOTTÉRON! À L'ISSUE DE LA SAISON RÉGULIÈRE, VOYEZ-VOUS LES DRAGONS... Tous les résultats |
|
||||||||